Des vendanges de feu en 2017

… de Feu (de brousse).

Des arbres desséchés, la garrigue peinte aux couleurs des buis brûlés et un paysage aux couleurs de la savane… N’a-t-on jamais vu aussi peu tomber sur notre territoire ? Moins de 300 mm d’eau de janvier à octobre et des anomalies de température mensuelles dépassant régulièrement les 3 degrés, le record de chaleur de 1923 égalé (41.6°C à Nîmes) : une climatologie équivalente à celles de Murcia, Malaga, Fès ou Meknès a marqué historiquement le millésime 2017.

Et pourtant.

Et pourtant, faiblement chargés, les ceps ont tenu, le raisin a mûri. Au terme du cycle et à la faveur de quelques matinées très fraîches et de brouillards bénéfiques, la vigne a mené au bout des grains mûrs et concentrés comme jamais.

… de feu (de paille).

2017 a également été un millésime de tous les excès par sa précocité et le resserrement des maturités. Des vendanges comme un tour de piste, bouclé en 4 semaines. Là encore du jamais vu. St Maurice a fermé le 14 septembre, certaines caves sur le Gard n’ont vendangé qu’en août.

… de feu (dont nous avons tirer les marrons).

Au-delà de nos moyens de pressurage et de thermovinification ajustés en 2016, nous avons préparé 2017 en doublant nos capacités à refroidir et traiter les jus extraits. Bonne pioche, car si les vendanges ont été courtes, les débits journaliers n’en sont pas moins restés importants. La mise en place d’une équipe renforcée et formée au traitement des jus a permis de gagner la « bataille des rosés », enjeu majeur de la stratégie commerciale de l’année et véritable gageure technique dans le contexte d’un millésime mûr et caniculaire.

… de feu (d’artifice).

Au terme de ce sprint, les vins produits sont surprenants et…. très bons. Au coeur de ce bouquet final, mention spéciale pour les Sauvignon, dont la fraîcheur inversement proportionnelle à la chaleur de l’année est à faire douter de nos cours universitaires, mention spéciale aussi pour les Viogniers, tendres et exotiques. La palme revient incontestablement aux rouges, avec un niveau moyen très homogène et véritablement exceptionnel.

Adrien Debaud